ContactsLiensSéminaires, journées et colloquesTextes de référence et articlesFormationPourquoi ? Pour qui ?Accueil
/Textes

Actualité des psychothérapies psychanalytiques  inventées par J. de Ajuriaguerra : l’AEPPC

 

L’anniversaire en 2015 des cent cinquante ans de l’Hôpital Ste Anne  à Paris ,nous donne l’occasion  de resituer notre histoire.

 

Julian de Ajuriaguerra (neuro-psychiatre, psychanalyste et chercheur à l’INSERM) . Confronté aux impasses des traitements tant psychanalytiques que chimiothérapiques il va réunir autour de lui une  équipe de psychanalystes  chercheurs pour expérimenter sa théorie  inter relationnelle  de soins.

Il fut le créateur au CHSA (Centre hospitalier Sainte Anne) :

  • La Relaxation psychanalytique  dans le service de psychiatrie adulte de la CMME (Clinique  des maladies mentales et de l’encéphale)

La CMME fut le centre pionnier pour la création de la technique thérapeutique de relaxation psychanalytique dite « J. De Ajurriaguerra » chez les adultes et les grands adolescents & pour son application dans le traitement psychanalytique des psychoses, des états-limites, des dépressions majeures et des pathologies addictives comme les TCA (troubles du comportement alimentaire) et l’alcoolisme.

Cette méthode thérapeutique s’est développée dans le service à partir du modèle de formation clinico-théorique proposé par Francis Pasche, un éminent fondateur de la psychanalyse freudienne française,qui fut Président de la Société Psychanalytique de Paris, et a été poursuivie par son équipe (Marianne Strauss,  Marie-Lise Roux, Paulette Letarte, Monique Dechaud-Ferbus, etc.).

Dans les  années 1960, le professeur Jean Delay, chef de service de psychiatrie adulte à l’hôpital Sainte-Anne entend donner une orientation clairement psychanalytique à la prise  en charge des patients de l’institution. C’est ainsi qu’il accueille le psychanalyste freudien Francis Pasche, et donne à l’équipe formée par J. de Ajuriaguerra les moyens de poursuivre ses recherches sur la technique thérapeutique qu’il a inventée et nommée « Relaxation ».

En 1970, sous la  direction du Pr. P.Pichot, des moyens encore plus importants sont mis à la disposition des psychothérapies psychanalytiques, et cela, dès l’ouverture du bâtiment moderne qui est actuellement en rénovation (pour le Centre de Psychiatrie et Neurosciences-Inserm) car il est conservé comme témoignage de l’architecture des années  1970 dont il est un exemplaire  prestigieux.

Ainsi Pierre Pichot, assisté de R. Sadoun , représentant du CHSA au sein de l’OMS,  permettent au département de psychothérapie psychanalytique d’exercer, en plus de son activité de traitement, une activité  de formation  qui accueille des stagiaires du monde  entier.

Il s’agit alors de développer ce système de formation novateur comme modèle de travail institutionnel.

En 1972, l’équipe des psychanalystes formés par Ajuriaguerra crée une première  association l’APEPR (Association Pour l’Enseignement de la Psychothérapie de Relaxation) fondée par Marie-Lise Roux et Marianne Strauss qui en fut l’instigatrice. C’est donc la première Association de Psychothérapie de Relaxation créée à la CMME, alors qu’Ajuriaguerra poursuit ses recherches à Genève avant de revenir occuper une chaire au Collège de France.

Si actuellement on parle beaucoup des médiations dans le champ des psychothérapies psychanalytiques pour en étendre les capacités de traitement aux patients de psychiatrie, dans les  années 1960-1970 c’était une innovation. En effet, cette médiation corporelle centrale dans la technique de J. de Ajuriaguerra est apparue comme une ouverture vers la possibilité de soigner des patients réfractaires à la fois aux traitements strictement psychanalytiques comme aux traitements chimiothérapiques

Grâce à la prise en charge des  patients de la CMME et aux modalités singulières des enseignements supervisés par F. Pasche,, qui reposaient sur des séminaires et des supervisions institutionnels, nos recherches ont perduré et permis de donner à la psychothérapie psychanalytique corporelle (la relaxation dite « Ajuriaguerra ») une base théorique qui la place parmi les thérapies actuelles du champ de l’analyse, comme M.-L. Roux l’a montré lors de l’hommage rendu à Ajuriaguerra par Alain Berthoz  au Collège de France en juillet 2010.

Cette méthode inter relationnelle de psychothérapie corporelle analytique s’intitule depuis  2008 AEPPC lors de la  création de l’Association pour l’enseignement de la psychothérapie psychanalytique Corporelle. C’est le développement théorico clinique , la PPC : Psychothérapie Psychanalytique Corporelle (Relaxation Ajuriaguerra).

Les auteurs

  • Marie-Lise Roux Psychanalyste titulaire & formateur de la Société Psychanalytique de Paris (SPP), Membre de l’International Association of Psychoanalysis (IPA), Fondatrice à la CMME en 1972 de l’ « Association de Psychothérapie de Relaxation » J . de  Ajurriaguerra, Ancienne consultante à la CMME .
  • Monique Dechaud-Ferbus, Psychanalyste titulaire de la Société Psychanalytique  de Paris, Membre de l’International Association of Psychoanalysis (IPA), Présidente de l’Association pour l’Enseignement  de la Psychothérapie  Psychanalytique Corporelle (issue de la Relaxation Psychanalytique J. de Ajuriaguerra et des apports de F. Pasche à la psychothérapie psychanalytique des psychoses) créée à la CMME, Ancienne consultante à la CMME  de 1969- 2007

Quelques  éléments de bibliographie

(De) Ajuriaguerra j. & Cahen M. (1960), Tonus corporel et relation avec autrui. L’expérience tonique au cours de la relaxation,( premier congrès de médecine psychosomatique de langue Française , Vittel , juillet 1960) in : Revue de Médecine Psychosomatique, Paris  n°2, 89-124.

Dechaud-Ferbus M. (2011) Cet Autre divan, Paris PUF, coll. (Le) Fil rouge.

Dechaud Ferbus M. & Coll. (2011) La Psychothérapie Psychanalytique Corporelle, l’inanalysable en psychanalyse : le divan par devant, Paris, l’Harmattan.

Lemaire J.G. (1964) la relaxation, Paris, Payot.

Pasche F. (1988)  Le sens de la psychanalyse,  Paris, PUF.

Pous G. (1994) Corps et psychose, Paris, L’Harmattan.

Roux M.L, Dechaud-Ferbus M. et Coll. (1993) Le corps dans la psyché, Paris, L’harmattan.

Roux M.L. (2010) « Le corps en  dialogue », in : Hommage à Ajuriaguerra, Colloque de juillet 2010 au Collège de France.

Roux M.L. (1968) « L’expérience verbale du vécu corporel » in : Revue de Médecine Psychosomatique,N°4, Paris, Privat).

Schultz H. (1958)  Le training autogène, Paris, PUF.